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la borne...
j'y
étais venu, ce soir-là encore,
comme d'autres soirs
quand le vent se levait
et qu'une lune ambre montait dans le ciel
c'était
une grosse pierre brute
qu'un autre de moi avait posée là
un matin
pour délimiter
l'impossible
elle me servait de mesure
de pierre de touche
de repère
je
m'assis contre elle
comme souvent
elle avait un contact brut, froid
c'était une pierre solide
venue du fond des âges
immuable
je
la parcouru de la main
elle était froide
dure
on
sentait qu'elle résisterait aux poussées
à ces pulsions violentes
à ces orages
mon
regard se perdit
au delà
l'herbe de la prairie s'étendait à perte de vue
une herbe ondoyante
parcourue de frémissements
sous le vent
sa couleur changeait par endroit
tantôt argentée sous la lune
tantôt d'un bleu sombre
un peu de brume montait par endroits
au
delà
je n'étais jamais allé
...
au
delà
c'était le domaine du vent
de la pluie
de la nuit
au
delà
on sortait du possible
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