Premier Congrès Européen de Haïku
Bad Nauheim : 13 au 15 mai 2005

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La Deutsche Haiku Gesellschaft a eu la bonne idée d'organiser le premier congrès européen consacré au haïku. Cela a permis de faire le point sur le développement de cette écriture sur le continent et surtout de se rencontrer.

Photos et présentations sur le site de la DHG

Photos sur le site de l'Association Française de Haïku

Un compte-rendu sera publié sur le site de l'AFH.

Photo de famille du haïku européen

 

Premières impressions et réflexions

- Il s'agissait du premier congrès européen de haïku. Le fait est d'importance. Il illustre une prise de conscience de l'existance d'une communauté européenne au sein de la communauté internationale.

- L'organisation était très bien, à tous points de vue. L'endroit était merveilleux : un village dédié à la culture de la rose et une ville thermale voisine. La plupart des pays d'Europe étaient représentés. Seuls les pays du sud manquaient. Nous avons pu découvrir le haiku estonien, hongrois, suédois, en plus du slovène, serbe... Absence des Italiens, Portugais, Espagnols. La représentation française est toute récente. Manquent aussi les Polonais, Tchèques, Slovaques, Bulgares, Croates mais les deux congrès d'été à Sofia et à Constanta en sont vraisemblablement la cause.

- L'absence des pays latins est une question importante. La France aurait pu être absente. La Belgique francophone n'existe pas. Quel est le problème de la latinité ? Le mécanisme d'association ? L'écriture ? Le regard ? La pensée concise ?

- Il semble que le monde francophone ait un certain retard par manque d'organisation du milieu. Cela ne me semble personnellement pas grave car l'Association Française de Haïku s'est dotée des outils pour se mettre à niveau par rapport à nos voisins.

- La plupart des pays ont une histoire haiku débutant au siècle dernier. Parcours classique : traduction des japonais, puis écriture sur base des formes brèves, associations, revues, réunions... Cela ne s'est pas fait en France et encore moins en Belgique. En Belgique, on peut expliquer le désert total de l'édition par la disponibilité de l'édition de France. Qu'en est-il pour les associations ? Les latins sont-ils moins orientés à se réunir ?

- La plupart des pays semblent avoir commencé par l'imitation des Japonais avant de passer à un style plus hérité de leur éducation culturelle et de leur environnement. C'est cette étape qui manque chez les Francophones. Le désert passé provient de l'absence de l'étape imitative. L'écriture actuelle est déjà à la seconde étape. La preuve est le peu d'intérêt, le peu de Japon, de Zen, qu'il y a dans le haïku francophone par rapport au nord-américain anglophone.

- Le développement du nombre d'écrivains est passé par la multiplication des éditeurs de recueils personnels dans un monde peu orienté jusqu'à présent sur l'internet.

- 90% des participants ont une adresse email. Ce n'est pas une question d'âge.

- La moyenne d'âge des haïkistes présents dépasse les 50 ans. Il y en a moins de 5% sous les 35 ans. Les femmes sont nettement majoritaires.

- Tous les participants sont pour l'ouverture et les échanges. C'est normal car ils sont là mais leur volonté dépasse ce constat.

- Nous semblons tous avoir des problèmes de définition du haïku. La DHG avoue avoir des problèmes de critères de choix et que cela influence défavorablement la qualité de ses publications. Les tendances lourdes sont à l'usage de figures poétiques héritées de notre enseignement. C'est présent chez plusieurs pays, Allemagne, Suède et Slovénie notamment. Ce point est très important car il définit une communauté européenne par rapport à ces problèmes que nous avons et qui sont moins présents dans la communauté internationale connotée anglo-saxonne. Il y a là un espace de discussion, d'échanges, de questionnement qui vient de se créer. Les participants ont découvert leur problème commun en termes de définitions, de styles.

- L'Europe apparait comme un espace ouvert d'échange. Les associations se sont vues une fois et continueront à échanger au travers de contacts personnels. La réunion suivante est prévue en Suède en 2007.

- Ce type de réunion est très intéressant pour nouer des liens, au travers parfois de contacts personnels, avec les autres intervenants de la communauté internationale. Il est parfois très important de rencontrer les personnes avec qui on correspond afin d'au moins une fois briser le mur de la virtualité de la communication internet. Les projets reposent sur des hommes et des femmes.

- La communication s'est faite en allemand et anglais. L'anglais est la langue véhiculaire du haïku. C'est un point à bien comprendre.

 

Serge Tomé