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La langue maternelle du haiku est le japonais. Sa langue de diffusion est actuellement l'anglais. 

En effet, le haiku a été introduit au début du siècle dans la culture anglo-saxone (entre 1910 et 1917). Il attira l'attention de poètes tels que Ezra Pound, James Joyce, D.H. Lawrence...

Ensuite, il y eu les anthologies (traductions de H.G.Henderson 1934, 1958 et R.H.Blyth 1949).

L'attrait du haiku fut aussi du à l'intérêt des américains pour la philosophie zen, qui se développa après le contact avec la culture japonaise à la suite de la seconde guerre mondiale.

Durant la période Beat, Allen Ginsberg, Gary Snyder et Jack Kerouac écrivirent des haiku, ce qui contribua à sa diffusion dans la culture américaine.  Dès 1963, des magazines de haiku virent le jour : American Haiku, puis Brussels Sprout, Frogpond, Inkstone (canadien), Modern Haiku.

Pourquoi une plus grande diffusion en Amérique du Nord ?

On peut avancer les hypothèses suivantes : l'attrait des américains pour la culture japonaise après la seconde guerre mondiale, l'influence de la  génération Beat, mais aussi celle des "Transcendentalistes" à la fin du siècle dernier (Henry David Thoreau, Walt Whitman, Ralph Waldo Emerson). Ceux-ci développèrent une philosophie propre, proche du bouddhisme Zen.

Pour plus d'information, voir le texte "Haiku in english in North America" de George SWEDE à http://www.atreide.net/rendezvous/histnotham.htm

Le haiku est enseigné aux Etats-Unis comme poésie dès l'école primaire. Rien, d'étonnant alors qu'il fasse partie du paysage culturel.
 
 

L'anglais comme langue véhiculaire

Le haiku s'insère dans la tradition japonaise de la poésie liée, même s'il s'agit d'une pièce unique. Il se discute, s'imite, se complète. L'internet constitue un moyen extraordinaire de partage et d'échange. 

L'anglais est la langue d'échange sur l'internet. Il n'est donc normal que le haiku se développe et s'échange dans cette langue. Pour nous francophones, il faut reconnaitre que l'anglais joue le même rôle que le latin au Moyen-Age comme langue véhiculaire, pour diffuser efficacement notre manière de voir le monde. Il ne s'agit pas d'effacer son appartenance linguistique mais d'utiliser une autre langue à côté de notre culture. C'est, pour moi, un plus et non un abandon.

 

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