Critères d'évaluation des haïku

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Bien que cela soit un sujet délicat et sur lequel il n'y a pas d'accord (heureusement !), il est commun et non déraisonnable d'évaluer les haïku selon les critères suivants. Ce sont ceux que j'utilise personnellement :


La briéveté : la faculté d'être lu en une respiration

La juxtaposition : le placement en interaction des deux ou trois images. La richesse et la force de cette confrontation. La dynamique qui en résulte.

La qualité des images utilisées : leur richesse sémantique, émotionnelle, sensible

L'instant : l'instantanéité. L'aspect éphémère de la sensation. Le présent.

Le sens du détail plutôt que la généralité, ou l'abstraction

L'ancrage dans un environnement communément partagé. La clarté du discours; le lecteur doit comprendre et pouvoir reconstituer les images et leur jeu sans apport extérieur.

L'autonomie : le haïku ne doit pas nécessité de commentaires ou de notions prérequises. Le haïku doit à la fois être un objet fermé, ne necessitant pas d'apports extérieurs et comporter une ouverture vers le haut pour l'imagination du lecteur (post-lecture).

La liberté laissée à l'imagination du lecteur. L'ouverture finale.

La transcendentalité : les ancrages dans le subconscient, l'ouverture vers le transcendental.

L'instant haiku : construction occidentale pour exprimer l'émerveillement que l'on va trouver à la lecture. Un peu cette sensation que l'on a lorsque après avoir cherché longuement un objet, on le retrouve dans sa poche. Comme dit Jane Reichhold, ce qui me laisse sans voix.

La vraisemblance, la chose vue et vécue en opposition avec l'histoire inventée. Le vrai. La sincérité de l'auteur.


A cela, on peut ajouter des qualités supplémentaires enrichissant l'évaluation :

La césure

L'insertion dans les cycles naturels, saisonniers.

La structure en trois segments et notamment la structure court-long-court

La musicalité : Assonances, allitérations

L'absence de figure poétique classique. La simplicité du discours en forme et en fond, celle du vocabulaire.

Le caractère brut de l'image

La distance entre l'auteur et son sujet. L'absence de jugement. La relation brute.

L'absence de cheville.

L'humour. Le clin d'oeil.

Le sentiment du temps qui passe, du flux du temps illustré non pas par un action qui dure mais par un instant capturé.


...

Beaucoup de technique...

Pour moi, il y a deux phases d'évaluation :

- une phase subjective. L'intensité et la profondeur du plaisir

- une phase d'autopsie, technique. Qui permet de comprendre une partie seulement du mécanisme. Pas tout, heureusment.

 

Ces règles peuvent servir de pierre de touche APRES l'écriture. Pour bien faire, elles devraient avoir été intégrées au fil du temps.

 

 

 Copyright Serge Tomé, 2001