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Le haïku est une poésie publique.
Contrairement à la poésie occidentale, elle s'affiche, se critique ouvertement, se réécrit sans arrière-pensées.
Le haïku nait dans ce climat. On peut identifier cinq media des haïku (d'après un article de Ryu Yotsuya dans le numéro un de la revue Mushimegane) : 1) Les kukai : Pour Bashô, le kukai était l'endroit d'expérimentation et de propagation. 2) Les journaux : Shiki a publié ses études et ses articles dans les journaux. Les haïku taikai sont à classer à ce niveau. 3) Les revues de club de haïku : Kyoshi Takahama a établi le système des clubs de haïku. Il sélectionnait les haïku envoyés par les lecteurs et les publiait dans sa revue mensuelle et les classant par ordre de préférence. 4) Les revues générales de haïku : "Haïku Kenkyu", la première revue générale de haïku a été fondée en 1934. Elle est devenue le moteur du mouvement du Shinko haïku, qui critiquait le système de Kyoshi. 5) Les revues de cercle haïku : Les poètes du Shinko haïku ont publié les revues de cercle haïku, c'est à dire des revues sans maïtre. "Kyodai haïku" (Haiku de l'Université Kyoto, 1933-40) était le résultat le plus remarquable. Les poètes du Haïku d'avant-garde ont aussi organisé de tels revues dans les années 1950 et 60. L'internet apparait actuellement comme un sixième media pour le haïku. Les réunions, les échanges
Des poèmes liés (rengas) sont écrits lors de réunions aristocratiques d'abord, plus populaires ensuite. Chacun écrit un verset, faisant suite uniquement au verset précédent. Mais
contrairement au cadavre exquis occidental, il existe ici aussi des règles complexes.
Le voyage a joué un rôle important dans l'histoire du renga. Le 15eme siècle était au Japon une époque de guerre féroce. Tous les seigneurs féodaux se battaient et la capitale, Kyoto, était
ravagée. Les maîtres de renga voyagaient dans tout le pays pour éviter la guerre et pour se chercher des patrons, ce qui propaga le renga en province et popularisa la poésie. Ces conditions
ressemblaient à celles des savants fuyant Constantinople et ayant suscité la Renaissance en Europe. Les kukai
A certaines occasions, les haïku se composent dans des réunions allant de 3 à 100 personnes, les kukai. Les membres se réunissent dans une pièce pour composer et soumettre leur haiku à
l'évaluation du groupe. Chacun présente ses poèmes sur une feuille, pour être réécrits par une autre main. Les papiers circulent et les participants sélectionnent ce qu'ils considèrent comme le
meilleurs. On rend le résultat public, on vote et on compte les points. Le haïku le plus estimé, ce n'est pas celui qui en a gagné le plus, mais celui que la maître a sélectionné.
a) le kukai où un (des) thème(s) est (sont) donné(s): on doit présenter des haïku qui contiennent une référence à ce thème. b) le kukai d'improvisation : on ne prépare pas son poème à l'avance. Les membres écrivent leurs haïku en un même endroit, en tête à tête. Ordinairement, on donne le thème, mais quelques fois, on adpote la manière "shokumoku" : les membres doivent êcrire ce qu'ils voyent (mais sans thème) ou entendent.
c) le kukai sans thème où les membres préparent leurs poèmes à l'avance. Les concoursDes concours (haïki taikai) sont organisés. On doit écrire un haiku contenant obligatoirement un mot donné. Les haïku sont envoyés, les résultats publiés. Ce phénomène existe encore
très fort au Japon. Il y a des concours auxquels participent plusieurs milliers de personnes souvent sans autre récompense que la reconnaissance des autres. Les listes de publication
Actuellement, il existe des listes de diffusion sur internet. On s'y inscrit pour lire ou écrire. On poste son haïku par e-mail et chaque inscrit reçoit une copie dans son courrier. Chacun
peut donner son avis, via un courrier sur la liste ou en privé. Les autres peuvent alors voir toutes les interventions et y participer aussi.
Une liste, comme la liste Shiki, d'audience mondiale, fonctionne 24h/24, 7j/7 avec plus de 100 messages postés par jour. Elle est très réactive. Un haïku, sur un sujet d'actualité ou autre,
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