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Venise
les nervures dune ville
à fleur deau
les calle
en mal de ciel
des pas résonnent
lune grosse
dune nuit bénie
sur la lagune
petit lampion
dans sa cage de fer
après le pont
rideau ajouré
laisse voir Venise
vue sur le canal
le cri plaintif
de la mouette vénitienne
dès laube
lion de lArsenal
derrière sa grille
ah ! toucher
la vague
me berce vers lAccademia
tes bras
le soleil paraît
à Gianni sur le zattere
laccordéoniste
un vin italien
avec le chant nostalgique
de lEst
mes lèvres
sur la cire du cierge
San Zaccharia
la cire fondue
quon efface aussitôt
une lueur de nous
le cierge allumé
a brûlé toute la nuit
la lune presque pleine
la lune ronde
déserte la fenêtre
vers minuit
lombre des calle
délivre de la chaleur
des piazze
entre les rideaux
la lune que tout Venise
regarde
tant de canaux
tant de ponts
à la dérive
la pleine lune
les dalles
plus blanches
le reflet
de la lanterne sallonge
jusquau pont
les plis
de son pantalon les boules
de son chien
un dragon bleu
au fond de mon assiette
restaurant chinois
dans le soleil
elle dort sur son sac
zattere tranquille
sur les dalles blanches
les seiches noires
marché du Rialto
laube
au-dessus des toits
calle del Lion
la gondole
glisse sous le pont
la valise roule dessus
lueur rose
dans les nuages de laube
dernier matin
Octobre 2003
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